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(*) Journaliste PQR à Perpignan. Ce site web est personnel et n’engage donc pas ma rédaction.
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Communication, Perpignan la dépensière
La ville vient d’être « distinguée » par Rue89.com. Le site d’information en ligne a établi le palmarès des 34 villes françaises de plus de 100 000 habitants les plus gourmandes en budget de communication. Et permet même aux internautes éventuellement mécontents de se manifester en cliquant sur les boutons Twitter, Facebook ou e-mail « C’est trop ? Dites-le à votre maire ! ». Prenant en compte les dépenses « annonces, insertion, catalogues, imprimés, fêtes, cérémonies… », ce classement a placé largement en tête la ville de Montpellier, gérée par la socialiste Hélène Mandroux, qui affiche un « budget com’ » XXL de 316 900 euros pour 10 000 habitants (soit 31,69 euros par Montpelliérain) et des frais de mission de 1880 euros par élu. Perpignan arrive en 8e position derrière Nice ou Nîmes. La capitale roussillonnaise, administrée par l’UMP Jean-Marc Pujol, affiche un « budget com’ » de 176 900 euros pour 10 000 habitants, soit 17,69 euros par Perpignanais. Côté frais de mission, les élus de la Loge disposent de 400 euros chacun.
Paris, Marseille, Lille derrière Perpignan. Derrière Perpignan, on trouve pourtant de grandes villes comme Toulouse (15e de ce classement), Lille (18e), Lyon (20e), Bordeaux (25e), Marseille (26e) et même Paris (30e). Certes les villes « petites » ou moyennes doivent davantage communiquer que les grosses pour se faire connaître et signaler leurs événements, mais le faire-savoir, qui est un art, peut coûter cher.
(paru dans L’Indépendant du 8 janvier 2013)
Les faux habitants de la Région
Les visages illustrant les voeux du conseil régional proviennent eux aussi de « shootings » à l’étranger.
Bis repetita. Après la série de portraits d’hommes et femmes russes, allemands ou italiens censés illustrer les « talents catalans » présentés sur les cartes de voeux et les panneaux publicitaires du conseil général des P.-O., voici le trombinoscope de la Région dont les héros n’ont rien de languedocien ou de roussillonnais… L’agence de communication en charge de cette campagne, « Sens Inédit », est la même que celle choisie par le conseil général des P.-O. et elle a fait appel à la même banque d’images. Résultat : les regards emblématiques de « notre jeunesse » régionale, thème des voeux du président Bourquin, « Offrons à notre jeunesse la vision d’un avenir meilleur », écrit-il au verso de la carte; cette jeunesse du Languedoc et du Roussillon est représentée par des mannequins à lunettes belges, autrichiens et même par un bébé tchèque. Ces photos ont été achetées à la société spécialisée Fotolia, basée à New-York puis légendées : « Sophie 20 ans, apprentie », « Hugo 24 ans, étudiant », « Marina 22 ans, étudiante » ou « Mathis 10 mois », bébé mannequin donc. La pratique est certes courante dans la communication institutionnelle mais pour le moins gênante lorsqu’on met en avant une identité ou un territoire.
(paru dans L’Indépenant du 7 janvier 2013)
Les faux Catalans du conseil général
Cette année, des dizaines de visages illustrent les cartes de voeux du conseil général. Oui mais voilà, ils ne sont pas catalans.
« En pays catalan, tous les talents ont de l’avenir ! ». Le conseil général des P.-O a placé l’année 2013 sous le signe du dynamisme local. Et a illustré son vaillant slogan par une galerie de portraits d’hommes et de femmes, jeunes et moins jeunes, sensés logiquement représenter les talents catalans. Sauf que ces photographies proviennent de banques d’images et que ces personnages sont russes, allemands, peut-être italiens, mais pas catalans.
Le conseil général « incapable de trouver un seul talent catalan ! ». C’est le président des Jeunes UMP 66, François Lietta, qui a levé le lièvre et qui s’insurge : « Il est assez osé de faire une campagne de communication mettant en avant les talents catalans et d’être incapable d’en trouver un seul ! ». Le jeune homme donne des exemples de “Catalans” issus de séances photos réalisées là par un photographe allemand (la vieille dame enlacée par une jeune fille, 6e vignette en partant de la gauche), ici par un photographe russe (le jeune guitariste, 5e vignette). Ce dernier cliché apparaissant aussi sur une pleine page de l’Accent catalan » “Spécial jeunesse” de novembre dernier, le magazine du conseil général. Un visuel réalisé par l’agence perpignano-montpelliéraine « Sens Inédit » et qui était déjà accompagné du slogan “Dans catalan il y a talent !”.
Le procédé est connu et très répandu dans les publications institutionnelles. Les journaux de mairies ou de collectivités territoriales de France, de Navarre et des P.-O. utilisent fréquemment les photos de ces banques d’images pour illustrer tel ou tel sujet local. Des sites internet spécialisés les facturent entre 1,50 et plus de 60 euros l’exemplaire selon la taille et la qualité nécessaires. François Lietta n’en reste pas moins sévère : « Oui c’est courant mais dans ce cas-là on ne met pas en avant “des Catalans qui ont du talent”, le côté territorial et identitaire. Le jeune guitariste, il est russe ! Là, la supercherie est flagrante ! ».
(paru dans L’Indépendant du 6 janvier 2013)



